Le Gilet Jaune Eric Drouet bientôt au chômage à cause du « platooning » ?

Le Gilet Jaune Eric Drouet sera-t-il bientôt au chômage ?

Eric Drouet

Des files de camions se suivant en peloton par 4 sur l’autoroute, à 10m de distance grâce à une connexion WIFI, cela s’appelle le « platooning ». Le reportage sur France Inter (7/9 du 18 septembre, à 1h12) l’annonce pour 2025.

Extraits :

« on gagne sur les situation de freinage d’urgence (…) et vu qu’on réduit les distances on gagne en aérodynamisme, et là on parle de réduction jusqu’à 25% en carburant, et donc d’émissions de co² ». (1)

« On passera de 700 à 950 km  de distance par routier par 24 h. Si on part du port de Rotterdam, cela permettra d’alimenter 250 millions de consommateurs au lieu de 150, c’est tout à fait considérable ». (2)

« Autre avantage, dans ces camions autonomes, les chauffeurs se fatiguent beaucoup moins, et donc le temps de roulage peut être largement augmenté »(3),

On voit quels arguments sont mis en avant pour favoriser ces technologie : LA SECURITE ROUTIERE, le RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE, les CONDITIONS DE TRAVAIL (le chauffeur sera en effet beaucoup moins fatigué… puisqu’il sera bientôt au chômage), et LA SATISFACTION DU CONSOMMATEUR…

Mais bien sûr pas le profit, ni le rendement du capital… le journaliste termine son reportage en disant :

« Reste à faire évoluer la réglementation en France comme en Europe » (…) les premiers pelotons autonomes pourraient parcourir nos autoroutes d’ici 2025″

Il n’a pas l’air d’en douter, il a sans doute raison, c’est « sur des rails » : dans les années passées, nos politiques ont proposé toutes sortes de choses, mais jamais de s’opposer aux profits des détenteurs de capitaux…

Encore combien de temps confondra-t-on ces profits avec le progrès, ou avec la croissance ? Si la RELIGION FÉROCE du capitalisme ne vous saute pas aux yeux après ça, c’est que vous êtes aveugles. Car à qui profitera tout ça ? Aux 4 millions de routiers européens ? Mais non ! aux détenteurs de capitaux qui ont investi dans ces technologies visant la disparition du travail humain ! Eux ne prennent pas grand risque, pour comprendre que c’est « rentable », c’est à dire au sens propre de nature à fabriquer de la rente.

Et où sont-elles, les nouvelles technologies qui visent autre chose ?

(1) G Flassayet de Volvo Trucks France
(2) B Jacob, directeur scientifique délégué à l’ISTAR
(3) Le journaliste, on a à peine entendu son nom : Sébastien Sabiron (?)

 

Gilles Bœuf : une catastrophe pour l’Environnement à lui tout seul

Comment ne pas être sidéré, devant la pauvreté de l’analyse de Gilles Bœuf ?

On connaissait Yann Arthus-Bertrand  et son « si on ne fait rien..etc », tout à fait inutile. Voila maintenant Gilles Bœuf, qui nous déclare « si ça passe dans les tripes, tout le monde sera concerné ! » (1) France Inter – La Terre au carré – 13 09 2019)

Ah bon ? Il faudrait donc attendre une catastrophe écologique, avec une inertie de 500 ans pour que ça nous « rentre dans les tripes » alors ? En quoi de telles déclarations peuvent-elle aider à financer par exemple des incinérateurs dans les pays ou Coca-Cola vends ses bouteilles en plastique ? Car il est bien là le problème, si on parle des plastiques…Il ne suffit pas de dire « il faut absolument..etc », et de débiter un catalogue de vœux pieux ! Il faut financer des incinérateurs en Malaisie, en Inde, etc, à moins d’interdire mondialement la production de plastiques.

Gilles Bœuf baigne littéralement dans son absurdité. Il avoue avoir été invité à animer une conférence sur un bateau de croisière au Groenland, et en même temps, il prône sur les ondes la vertu  écologique individuelle (2), que ce soit celle du citoyen, ou celle de l’entreprise… Mais quand on lui parle de cette croisière à laquelle étaient conviés des lecteurs de « La Vie » et du « Monde », il se trouve aussitôt une excuse en disant :

« On a la faiblesse de croire que les gens qu’on a emmené sont quand même des gens très particuliers, et qu’ils vont aussi contribuer, en aimant ces paysages, en aimant ces milieux, à  en parler plus »…puis de poursuivre « c’est compliqué…nul n’est parfait »… !

Ah ça pour en parler, on en parle ! …mais si « nul n’est parfait » peut servir d’excuse à un individu, alors qu’il pourrait faire autrement, alors que dire à une entreprise, qui aura toujours l’excuse bien plus valable de la concurrence, et dont les dégâts sont centuplés ?! Comment convaincre par exemple, Coca-Cola d’abandonner les bouteilles en plastique en Malaisie, si de son côté Pepsi-cola en ne bougeant pas, peut profiter de cette aubaine pour prendre un avantage sur son concurrent ?

Il y a des pensées « scientifiques » moins profondes que l’océan, parfois même moins profondes qu’une flaque d’eau. On frémit quand on apprend qu’il était conseiller environnement auprès de Ségolène Royal lorsqu’elle était ministre ! L’homme est pourtant ex-président du Muséum national d’histoire naturelle, il enseigne à Sorbonne Université à Paris, et préside le conseil scientifique de l’Agence française pour la biodiversité.

Pitié qu’on ne l’invite pas à participer aux travaux du GIEC ! Car voila ce qu’on peut appeler un DISCOURS NOCIF, entretenant l’idée que l’écologie est compatible avec l’économie telle que nous la concevons maintenant. Ces lamentations « hors sol » ont pour unique objectif de soulager notre angoisse, ça suffit.

Et tant pis si on m’accuse encore d’avoir un « pète au casque », en attaquant ce monsieur qui a consacré sa vie à la biologie ! Car malgré le CV de M Boeuf, un tel discours frôle la crétinerie, aussi fort que le Titanic a « frôlé » son iceberg.

Vincent Rey
findutravail.net

(1) https://www.franceinter.fr/emissions/la-terre-au-carre/la-terre-au-carre-13-septembre-2019

(2) Lire au sujet de la vertu écologique mon article : « Un impossible rêve : la vertu écologique »

 

Est-il déjà trop tard ?

Si vous avez un blog, ou si vous êtes sur twitter ou facebook, faites circuler cette vidéo, car selon des gens bien informés (Jorion), l’effondrement du Royaume Uni en cas de Brexit dur (sans accord) va entraîner une crise majeure. Ne restez pas seuls à vouloir agir…

J’y vois également un pourrissement très grave de la situation. Si les britanniques suivent « Bojo » dans son projet de Brexit sans accord, on se retrouverait dans une situation ou le Royaume Uni exercerait un « chantage à la crise » au reste de l’Europe.

La précarité du travail, après avoir propagé des pratiques de chantage à l’emploi (tu fais ce que je te dis, ou sinon je te vire), est déjà à l’origine du doute généralisé sur la construction de l’Union Européenne. Au Royaume Uni, on peut penser que c’est pour fournir UNE CIBLE A ABATTRE au peuple britannique que ce référendum du Brexit a été organisé.

Malheureusement pour les britanniques, on ne leur a pas présenté la BONNE CIBLE, car c’était bien plutôt l’ultra-libéralisme, et non pas le « bureaucratisme » européen ! (1) qu’il fallait frapper.

Le chantage est donc sur le point de régir à présent les relations entre Etats (Chine USA, RU-Europe…), ce qui mettra inévitablement fin à la paix, si nous ne faisons pas immédiatement machine arrière.

Et comment ? En prenant acte au plus haut niveau de l’Etat de la disparition du travail humain, de l’accroissement infini des inégalités à cause de la finance, et en restaurant les objectifs sociaux de l’économie…

Le faisons nous maintenant ? Ou attendons-nous de ne plus en avoir le choix ? Mais y-a-t-il un homme d’Etat dans ce pays pour faire ce job ?

(1) Abattre l’ultra-libéralisme est un projet totalement terrifiant, nous sommes d’accord…

Vincent Rey
Findutravail.net

Au sujet de « DÉFAITISME : UNE QUESTION QUE JE ME POSE… » sur le blog de Paul Jorion

Au sujet de « DÉFAITISME : UNE QUESTION QUE JE ME POSE… » sur le blog de Paul Jorion

On est au cœur du sujet avec cette question, ce défaitisme allant généralement de pair avec l’écologie « du bon sentiment »,  qui n’a rien apporté à Blois, et qui n’apportera pas grand-chose, je le crains, dans le monde.

A Blois il s’agissait d’une «démarche d’excellence pour la restauration des poissons migrateurs», et le résultat, c’est que les comptages de poissons n’ont jamais été aussi catastrophiques ! http://de869.ispfr.net/findutravail/wp-content/uploads/2019/08/comptagemigrteurs_16_07_19.jpg

Remarquez la simplicité du processus à Blois : barrage = « mauvais pour les poissons » (position idéologique) => le conseil général détruit le barrage. (en toute absurdité, puisque c’est le Conseil Général lui-même qui relevait le barrage, APRES avoir observé, que les poissons migrateurs étaient bien passés fin juin)

Le GIEC est pour moi clairement dans cette veine. Imagine-t-on le GIEC changer d’opinion sur le réchauffement climatique ?  Evidemment non, ses rapports avec le politique sont maintenant beaucoup trop imbriqués pour qu’il fasse machine arrière. C’est donc une « institution idéologique » qui vient à point pour appuyer n’importe quelle action politique, au nom de la sauvegarde de la planète. Les récentes déclaration du RN « ratissant » maintenant du côté de l’écologie en témoignent : il passent maintenant très facilement du « localisme à but environnemental » au nationalisme et à la fermeture des frontières…

Même si, dans le cas de Claire Nouvian, je reconnais m’être trompé. Ce qu’elle visait était concret, et elle a obtenu des résultats (interdiction de la pêche électrique). Mais on se trompe si on imagine que ce genre d’action sera le modèle des actions futures pour l’environnement. Ce seront bien plus probablement des « coups d’épée dans l’eau » assez absurdes dans le genre de ce qui s’est fait à Blois. Ces actions emprunteront les chemins « standards » de l’écologie, et ils prendront pour base les positions idéologiques gracieusement fournies par le GIEC au frais du contribuable. (telles que par exemple : « les émissions de co² c’est mal », alors qu’on n’en sait rien, et que le co² est en particulier un fertilisant pour les plantes)

Je mets pour ma part bien plus d’espoir dans des actions politiques, agissant sur l’Economique à des fins « environnementales, qu’à ces actions tentant d’agir directement sur l’environnement, en gardant tout le reste pareil.

Vincent Rey
findutravail.net

Ecologie de surface ou Ecologie de fond ? L’exemple des perturbateurs endocriniens.

Selon François Veillerette de Générations Futures, qui cite une étude de l’Endocrine Society, une société savante internationale regroupant 18000 endocrinologues, les perturbateurs endocriniens vont entraîner non seulement des maladies, mais aussi des coûts de santé faramineux : 180 milliards par an en Europe ! 15 à 20 milliards par an pour la France seule ! (0)

« Le plus précoce l’exposition, le plus grave les effets » notamment pendant l’organo-génèse. Il s’ensuivra des cancers, des maladies neuro-comportementales, selon Barbara Demeneix, endocrinologue, directrice de recherche au CNRS. Barbara Demeneix qui est spécialiste du développent du cerveau, dit qu’il est maintenant bien démontré, que l’exposition précoce aux PCBs peut entraîner une diminution de 5 points du quotient intellectuel.

Les perturbateurs (bisphénols, phtalates, solvants, parabènes) sont présents dans toutes sortes de produits, tels que les emballages plastiques, les poêles anti-adhésives, les tissus retardateurs de feu, les peintures, les solvants, les colles, les cosmétiques, les crèmes solaires…On peut cependant « diminuer son imprégnation » en aérant bien les locaux, en utilisant des contenants alimentaires neutres, comme le verre ou l’inox, et en évitant les cosmétiques « complexes ».

Partant de ce constat désastreux, aussi bien sanitaire qu’économique, on peut avoir deux sortes de politique publiques, la première de surface, la seconde de fond :

Une politique de surface consistera à protester contre les perturbateurs, à les taxer, à augmenter leur TVA, à trier ses déchets plastiques, à consigner les bouteilles en plastiques, à inviter les citoyens, notamment les femmes enceintes  à aérer régulièrement leurs locaux (1), et à laisser le marché tranquille une fois ces mesures  prises.

Une politique de fond consisterait à :

D’abord établir une véritable égalité d’influence entre le discours des endocrinologues et l’influence exercée par le marché, notamment toutes les publicités pour les cosmétiques qui abondent sur toutes les chaînes de télévision (16% du chiffre d’affaire des cosmétiques est consacré à cette influence).

Ensuite à imposer la vente en vrac dans tous les lieux de vente, car il n’y a rien d’impossible à imposer par exemple à Evian, d’installer des bonbonnes en verre dans les supermarchés, pour que les gens remplissent des bouteilles en verre avec cette eau, et généraliser ce système à tous les emballages plastiques alimentaires distribués sur le territoire.

Enfin à reprendre un contrôle démocratique de l’initiative économique : si Belin décide de créer un nouveau biscuit, avoir un droit de regard (ou même de véto) sur sa mise sur le marché, et les conditions de sa production et de sa distribution dans les magasins. Peu d’impact positif à en attendre dans le cas des biscuits, mais énormément d’impact pour ce qui serait du Nucléaire, en favorisant par exemple, l’essor du nucléaire sans déchets (2).

Vincent Rey
findutravail.net

(0) Le téléphone sonne du 6 septembre 2019

(1) La qualité de l’air est une donnée fondamentale pour se protéger des perturbateurs endocriniens. Or on ne peut pas vouloir à la fois une isolation parfaite visant à faire circuler l’air en circuit fermé dans la maison, et une aération régulière. N’est ce pas pourtant ce que vise la « rénovation énergétique des logements » ?

(2) Nucléaire à combustible liquide : voir le documentaire « Thorium, la face gâchée du nucléaire ».

(3) le film « le fils de l’Homme » de Alfonso Cuaron, imagine un monde ou les femmes ont perdu toute fertilité.

 

 

 

 

Boris Johnson, alias « BoJo » se compare-t-il à Winston Churchill ?

Royaume uni, Etats Unis, Italie, Brésil, Pays arabes, Israël, France, Allemagne, Belgique… les peuples du monde entrent les uns après les autres dans l’incompréhension.

Les britanniques, en particulier, se demandent ce qui leur arrive… Comment ? la « démocratie » n’apporterait plus de solution ? Même après un vote protestataire aussi « décalant » que le Brexit, il n’y aurait pas d’alternative au chaos ? Qui sont donc les coupables, si ce ne sont pas l’Europe et les bureaucrates européens ?

Les voila qui en désespoir de cause ont porté Boris Johnson au « pouvoir », un homme dont les grimaces rigolardes et la figure décoiffée très calculée, travaille une image d’ « homme libre ».

Mais en dépit des apparences, Boris Johnson n’est pas Winston Churchill…

S’il avait réellement l’esprit indépendant de Winston Churchill, il aurait compris et dit aux anglais que l’appartenance à l’Union Européenne ne pouvait pas être la cause d’un problème, qui se pose aussi bien aux USAs, au Brésil, ou en Italie, en Israël, aux philippines, et à peu près partout dans le monde…

Winston Churchill est connu pour avoir compris avant les autres qu’ Hitler menait tout le monde en bateau, en attendant d’attaquer l’Europe. A la différence de Neville Chamberlain, qui voulait croire ce que la majorité du peuple anglais « espérait » (la paix pour l’Angleterre). Les mêmes signes étaient pourtant devant les yeux des deux hommes : l’annexion de l’Autriche, l’invasion des sudètes, une fuite dans l’armement sans financement, plusieurs renoncements successifs de Hitler à sa parole, et tout son programme dans « Mein Kampf » !

Tous les signes sont devant nos yeux aujourd’hui, désignant l’ultra-libéralisme. Et pourtant bien peu d’hommes acceptent de les voir. Et que font les hommes politiques médiocres devant les pires solutions qu’imagine le peuple, telle que le Brexit, le Frexit, ou l’immigration ? Ils choisissent de leur emboîter le pas. Quant à regarder en face les pires aspects du libéralisme, tels que la pollution ou la raréfaction du travail humain, il n’en est pas question !

Boris Johnson, tout décoiffé et grimaçant qu’il est, n’est pas si différent de Chamberlain. Pendant la campagne pour le Brexit, il est de ceux qui ont fait croire aux anglais qu’ils devaient à tout prix sortir de l’Europe, alors que tout montre aujourd’hui que c’était une diversion, et qu’il n’y a rien de significatif à en attendre, pour la majorité des citoyens britanniques.

« BoJo » a pourtant les mêmes signes que d’autres sous les yeux, désignant cet ultra-libéralisme : dégâts sur l’environnement directement imputables à la concurrence, disparition du travail dans tous les pays industriels, une finance folle où les afflux de liquidités tournent en rond en dehors de l’économie réelle, accroissement régulier des inégalités, des citoyens de plus en plus esseulés, tiraillés entre des injonctions incessantes à consommer et le manque de moyens, chez qui l’absence d’espoir et la frustration cède de plus en plus souvent la place à la violence contre d’autres pauvres, ou contre le reste de la société qui consent à leur exclusion.

Pourtant, avec d’autres hommes politiques médiocres dans son genre, décoiffés ou non (1) , « Bojo » fait sienne cette supercherie politique, consistant à faire croire aux gens que défendre ce libéralisme dérégulé, et défendre la démocratie, c’est la même chose. 

Mais si la démocratie et l’ultra-libéralisme c’est la même chose, alors pourquoi cette « démocratie » nous mène-t-elle vers le contraire de ce que la majorité des gens souhaitent ? : la préservation de l’environnement, et la construction d’une vie digne, permettant de se projeter dans l’avenir. Comment expliquer ce décalage de plus en plus prononcé, au fur et à mesure que le temps passe ?

Qui donc veut cesser d’être aveugle, avec un esprit totalement libre, pour regarder les choses en face, à la manière de Winston Churchill ?

Certainement pas Boris Johnson, ou Donald Trump !

TOPSHOT – US President Donald Trump (2nd L) and Britain’s Prime Minister Boris Johnson (2nd R) attend a working breakfast in Biarritz, south-west France on August 25, 2019, on the second day of the annual G7 Summit attended by the leaders of the world’s seven richest democracies, Britain, Canada, France, Germany, Italy, Japan and the United States. / AFP / Nicholas Kamm

(1) Moins décoiffé, Emmanuel Macron excelle à entretenir ce mythe, que la « Résistance » consiste à défendre l’ultra-libéralisme.

Vincent Rey
findutravail.neta

Amazonie : choisir entre la catastrophe humaine et la catastrophe environnementale

En avril 2018, je publiai ce billet sur ce qui se passe en Guyane sous ce titre : « Environnement : choisir entre la catastrophe humaine et la catastrophe environnementale ». Je le republie aujourd’hui, en changeant « Environnement » par « Amazonie », car nous n’avons pas avancé d’un cheveu dans la réflexion, comme le montre ce reportage. J’ai depuis publié de nouvelles informations sur le problème guyanais, sur ce billetEn Guyane, de l’argent public français sert donc à lutter contre les pauvres. 1300 missions de la Légion accompagnée de gendarmes, pour la seule année 2018 contre ces orpailleurs illégaux. Ce sont des émigrés brésiliens, certes, mais ne vaudrait-il pas mieux les aider à vivre ?

==================== début de l’article d’avril 2018 ==================

Voila le problème de l’Environnement tel qu’il est posé aujourd’hui : choisir, entre la catastrophe humaine et la catastrophe environnementale (0).

Le Maire de St-Laurent du Maroni, Léon Bertrand, en faveur du projet « Montagne d’Or » (projet de mine d’or assez polluant en Guyanne):  « J’ai des milliers de gamins aujourd’hui qui n’ont pas de travail, et moi j’ai besoin d’aller vite, parce que au lieu d’avoir une catastrophe environnementale, nous risquons d’avoir une catastrophe humaine. »

Pascal Canfin, du WWF France lui répond : « il ne s’agit en aucun cas de mettre la Guyanne sous cloche. Simplement il faut choisir un mode de développement : soit on détruit l’Amazonie française, pour faire des mines d’or avec des capitaux russes et canadiens, soit on invente un modèle de développement durable, basé sur l’éco-tourisme, beaucoup plus créateur d’emploi que le modèle minier, qui font que ensuite tous les profits s’en vont au Canada ou en Russie. » (1)

Il me semble, qu’il y a là en petit, tout le problème de l’Environnement tel qu’il se pose à l’échelle de la Terre.

Rester à hésiter entre les 2 options de ce choix est stérile. Si l’on choisit l’Humain contre l’Environnement, c’est la catastrophe. Et c’est également la catastrophe si l’on choisit l’Environnement contre l’Humain.

Il faut inventer une troisième voie, et cela n’est peut-être pas si difficile, car personne n’a envie d’aller travailler dans une mine d’or, un travail certainement pénible et peu rémunéré. En revanche, toutes ces personnes en situation de pauvreté là-bas, ont du temps, qu’ils pourraient consacrer à améliorer leur condition, et ils auraient certainement des tas d’idées pour ça, si les lois le leur permettaient.

Si vous lisez cette page, svp réagissez.

(0)  France Inter, 2  avril 2018, le 5-7

(1) Eco tourisme ? la porte de sortie serait la consommation d’éco-tourisme ?  La Guyanne, avec son humidité, ses moustiques, ses tarentules, ses sansues ? il y aurait un potentiel touristique en Guyanne ?

===========================================================

Un commentaire en rapport avec ce projet « Montagne d’Or », fait sur le blog de Paul Jorion, suite à une remarque de « Juanessy », qui appelait à une « meilleure articulation entre le hard de l’économie (..) et l’ardente obligation « écologique » (..) ».

Ci-dessous la réponse que je lui ai faite.

C’est bien de ça dont il faut parler, de « l’ardente obligation écologique » ET « sociale » : d’ouvrir des pistes sur les orientations d’une éventuelle « constitution économique ».

Et pour ça, rien de tel qu’un cas concret : le projet « Montagne d’Or » en Guyane est un cas concret. On a là-bas une situation désespérée, qui est peut-être à l’image de notre futur :

– une tension sociale telle, que les gens qui sont encore « intégrés » socialement, redoutent une agression dans la rue, ou en allant au distributeur de billets.
– un déficit d’activité énorme (je crois que j’ai entendu 40% de chômage chez les moins de 25 ans)
– un projet aux bénéfices sociaux limités (extraire de l’or) et aux conséquences environnementales désastreuses, soutenu par des capitaux internationaux, certainement des fonds de pension, finançant des retraites.

C’est un cas d’école. Tant qu’on n’aura pas imaginé, pour ce cas guyanais, comment pourraient s’articuler « le hard de l’économie » (c’est à dire le jeu normal des intérêts), et l’ardente obligation « écologique et sociale», on n’aura pas avancé d’un pouce. Comment diriger l’activité humaine dans le sens de son profit individuel et collectif, sans revenir aux affres d’un système planifié de style URSS ?

Il me paraît évident pour ma part, que l’activité est « sclérosée ». Libérée des contraintes qui encadrent l’activité de marché, les guyanais pourraient créer de la richesse, et de la richesse durable pour eux, ils pourraient se construire des maisons, des routes, des hôpitaux, restaurer l’environnement, toutes choses immédiatement et directement profitables pour eux.

Au lieu de cela, et puisque ces contraintes du marché s’appliquent, il n’y a pour eux pas d’autre alternative que d’envisager cette activité de la mine d’or, malgré son caractère temporaire (quid lorsqu’il n’y aura plus d’or à extraire ?), et malgré les dégâts écologiques qu’elle peut entraîner, car elle est la seule activité (dans ce cadre) qui peut soulager la tension sociale, en apportant des revenus.

Ne la voyez-vous pas à l’oeuvre, là, cette « religion féroce », que décrit Paul Jorion ? Elle est à la fois la cause du problème (le chômage, la pénurie, la pollution future) et elle empêche que l’on trouve une solution (on ne peut espérer retirer un gain qu’à la mine, ou en investissant dans le capital de la mine…).

On ne peut pas simplement se contenter d’être contre le projet « Montagne d’or » , ni de proposer comme alternative une solution que l’on sait douteuse, à l’image du projet d’écotourisme proposé par le WWF.

M Canfin (WWF) risquerait-il sa propre retraite sur un tel projet d’écotourisme ? Sans doute pas. Pourquoi des fonds de pension le feraient-ils alors ? La Guyane n’est pas l’île Maurice, et quand bien même on réussirait, à force de subventions ou de publicité, à convaincre des consommateurs de venir dépenser leur argent en Guyane, cela poserait d’autres problèmes écologiques : les voyages en avion par exemple, ainsi que la pollution « culturelle » de la publicité.

Au demeurant, si les ressources consacrées à ces subventions ou publicités pourraient peut-être créer « aux forceps » une activité d’écotourisme, comment s’assurer que ces ressources ne sont pas issues elles-même d’activités polluantes ou inutiles ?

Le problème Guyanais a le mérite de dévoiler une question économique fondamentale, à laquelle il est plus que jamais utile de répondre : quelle est la part de l’activité humaine, considérée en temps humain et non pas en richesse produite, qui profite directement à l’Homme, sur un plan individuel ou collectif ?

Vincent Rey, le 13 juin 2018

Le regard (informé) de Pierre Conesa sur l’Arabie Saoudite

Moment de vérité sur l’Arabie Soudite. Pierre Conesa est un retraité de la DGSE (il ne le dit pas, mais on le subodore), très informé sur la question. Pourquoi vend-on des armes à ce pays ? Sommes nous à ce point dénués de morale ? Jusqu’à quel stade de l’aveuglement sommes nous prêts à aller pour la défense de « nos intérêts ».

Et d’ailleurs, quels sont-ils exactement, « nos intérêts » ? quelques milliards de plus au bilan des comptes de nos entreprises d’armement ?

Ne serait-il pas temps de réanalyser tout cela, tout ce qui au nom de la « croissance », permet de justifier à peu près n’importe quoi ? Cherchons plutôt, dès que possible, au sein de l’activité économique, ce qui fait réellement partie de « nos intérêts » !

Artistes courageux, dans les médias de l’ultra-libéralisme ! (1)

Magnifique Yvan Lebolloc’h !

Yvan Le bolloc'h : L'interview énervante

Une bouffée d'air frais, c'est pas commun d'entendre des artistes dire ça. Les journeleux aux ordres devant lui comme d'habitude à lui demander de condamner, et lui qui ne peut que soupirer en réponse et dire des évidences qu'ils sont incapables de comprendre…

Publiée par JOJO le Gilet Jaune sur Vendredi 30 août 2019

Digne de figurer dans le top-10 des moments de vérité !

Vincent Rey
findutravail.net