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"bloquons tout" : manifester ne sert à rien
Manifester ne sert à rien. La démonstration a amplement été faite par les Gilets Jaunes, qui ont manifesté chaque semaine, au péril de leur vie, et qui n'ont rien obtenu en échange. Les syndicats doivent aussi maintenant se rendre compte que la grève est un instrument de pression de plus en plus inutile, car la grève est de moins en moins dense en activité humaine. Là c'est le confinement qui en a apporté la démonstration : alors que presque personne ne travaillait, les magasins étaient fournis, et globalement la
que La journée du 10 septembre s'annonce mouvementée. Mais je n'y participerai pas pour la raison suivante, qui est que je ne souhaite pas m'associer à un mouvement agrégeant l'extrême droite, la gauche et l'extrême gauche, mais aussi et surtout, je ne souhaite pas m'associer à un mouvement qui n'a rien à proposer pour enrayer la spirale de la dette et son effet "boule de neige", ce moment où la dette de l'Etat croît par non remboursement des intérêts, ce qui à son tour, génère de nouveaux intérêts.
En somme, je me range à ce que dit François Bayrou sur le danger de la dette. Mais ce que ne dit pas François Bayrou, ce sont les raisons qui ont généré cette dette depuis 40 ans. C'est tout de même incroyable de ne proposer aux citoyens comme explication que ce "nous vivons au dessus de nos moyens" ! Non, la dette a de multiples causes, et une cause mère de toutes les autres : la fin progressive du travail humain, qui justifie toutes ces subventions à l'emploi, toutes ces indemnités pour limiter les dégâts lors de licenciements, toutes ces exonérations.
Dans un précédent article, j'ai voulu estimer le montant que représentaient les intérêts de la dette et les diverses subventions et aides de l'Etat et des collectivités locales aux entreprises de 2022, pour ensuite les comparer avec le PIB de 1973. Et je trouvai que, toutes valeurs converties
en € de 2014 pour supprimer l'effet grossissant de l'inflation, ces subventions et intérêts équivalaient à 38% du PIB de 1973(1). Une analyse qui doit questionner la croissance, que nous assimilons volontiers au progrès.
Or de toute évidence nous faisons en cela une double erreur, car non seulement la croissance économique répugne à prendre le chemin vertueux de l'écologie (2), mais de surcroît, cette dépense publique de plus de 346 milliards d'€ par an entre elle-même en positif dans le PIB, ce qui rend évidemment son coût invisible aux citoyens !
Explication : lorsqu'un ménage donne 100 au restaurant du coeur, cela se retire de ses revenus. Rien de tel pour la croissance : losqu'on dépense 100 millions pour favoriser l'installation d'une entreprise en France, ces 100 sont eux-même de la croissance, au nom du principe comptable que toute action publique est estimée dans le PIB au titre de ce qu'elle coûte !...c'est la "valeur ajoutée" du gouvernement ! Voyez l'absurdité ! Partant de là, le gouvernement peut faire ce qu'il veut avec l'argent public, le distribuer aux entreprises, le gaspiller en action communication, sous traiter son action à des entreprises privées, ces coûts seront toujours inscrits en positif dans le PIB.

Une croissance extrêmement poussive, qui exige chaque année de réinjecter
l'équivalent de 38% du PIB de 1973 en argent public
Malheureusement, Je terminai cet article par une erreur, en voulant calculer le montant réel de la croissance, une fois débarrasée de ces éléments de "dopage du PIB". Le tableau ci-dessous vise à corriger cette erreur : la croissance annuelle moyenne réelle du PIB entre 2016 et 2022 n'était pas de 0,9% comme je l'affirmais, mais de 0,6%.

Voir en grand dans un nouvel onglet.
Vincent de Blois, le 9 septembre.
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