Les français seront-ils aussi crétins que les américains ?
J'ai créé le nom de domaine findutravail.net en juillet 2018, en affirmant dès l'origine, que la fin du travail humain nous mènerait à une guerre de tous contre tous. Pourquoi ? parce que la haine prend toutes sortes d'étiquettes, et que la fin du travail humain, c'est aussi la fin des revenus humains.
Quelles sont les raisons qui incitent notre personnel politique à le nier ? c'est un autre sujet, mais bien évidemment, puisqu'il faut tout expliquer, et même ce qui devrait sauter aux yeux de tous, cette fin progressive des revenus humains et ses conséquences créent du resentiment et de la haine.
L'attentat islamophobe de Magdebourg a été commis par un médecin saoudien, qui ne devait pas manquer de revenus, mais avait montré des signes de haine contre la société allemande qu'il jugeait trop tolérante vis à vis de l'Islam. Il rappelle dans sa forme l'attentat de Nice, commis par quelqu'un qui pensait exactement le contraire. Il rappelle enfin, dans sa forme l'attentat "social" de Sept Sorts en 2017, quand un travailleur précaire avait lancé sa BMW contre la terrasse bondée d'une pizzeria.
On ne peut pas non plus refuser de voir que les attaques au couteau sont désormais quotidiennes. L'opinion, manipulée de surcroît par certains médias, espère souvent pouvoir mettre une étiquette "islamiste" sur ces attaques. Mais ce n'est pas toujours possible : l'homme qui avait tenté de poignarder des bébés au lac d'Annecy, ou le squatter menacé d'expulsion qui a tué hier d'un coup de sabre, ne revendiquent aucune religion.
La fin du travail humain est un phénomène mondial. Ses conséquences touchent les gens directement ou indirectement. Directement quand on perd soi-même ses revenus, son logement, ou un entourage familial amical. Indirectement en étant confronté au spectacle quotidien des conséquences de cette disparition : la délinquance, les trafics, et de plus en plus souvent, le meurtre. Et sur un plan international, les migrations(*), les guerres, le radicalisme politique et religieux...
Etre résistant en 2024, c'est prendre acte du virus mortel pour la société que constitue la disparition des revenus du travail humain, et s'opposer à toutes les théories de diabolisation des individus, censées être à l'origine de ces actes de haine..
Personne ne devient à ce point enragé par l'opération du Saint Esprit, qu'il soit chrétien ou musulman, même si certaines officines ou technologies peuvent encourager ou cristalliser l'émergence de ces haines. Etre résistant, c'est aussi reconnaître en 2024 les indicateurs directs de la disparition des revenus humains que sont le taux de pauvreté, le taux d'incarcération, et le taux de participation à la population active, tous en évolution défavorable, si on entend préserver la paix sociale.
Ne pas le crier haut et fort maintenant, c'est consentir au spectacle navrant que ne manquera pas de constituer la fin du contrat social, lorsque des pans entiers de la population décideront par communautarisme, ou en s'affiliant à des idéologies vénéneuse, de faire secession. N'en voit-on pas depuis 30 ans le commencement, dans ces banlieues pauvres où domine l'économie parallèle, lorsque les habitants refusent l'entrée aux représentants de l'Etat, qu'ils soient pompiers, gendarmes, ou même agents de l'EDF !
"La haine" de Mathieu Kasovitz (1995), Les Misérables" de Ladjly (2019), "Bac Nord" de Cédric Jimenez en 2020, tous ces films nous montrent que nous n'avons pas avancé d'un pouce dans l'analyse du phénomène de la fin du travail humain. Le titre "Les Misérables" donné à son film par Ladjly peut même être considéré comme un appel, une sorte de "wake up call" lancé au reste de la population...pour qui "les Misérables", cela veut dire quelque chose !
Contrat social rompu : "Moi je fais pas la loi, moi je suis dans la diplomatie" Bac Nord, Cedric Jimenez (2020)
PERSONNE, dans une société normalement organisée, ne devrait se trouver acculé à commettre des actes illégaux, pour subvenir à ses besoins biologiques. Mais rien ne semble devoir y faire. Les français semblent vouloir rester sur les rails de l'analyse diabolisante de l'extrême-droite. La fin du contrat social semble même être devenue un spectacle pour bon nombre d'entre eux. Quant aux grandes entreprises de ce pays, elles s'en lavent les mains comme du reste, ce n'est pas leur problème. Bien au contraire, quand il y a un attentat comme celui de Nice, ou un immeuble qui s'effondre comme à Marseille, les gens regardent massivement les chaînes d'info en continu...et en même temps leurs spots de pub !
Les français seront-ils aussi crétins que les américains ?
Vincent de Blois, le 23 décembre 2024, modifié le 26, puis le 7 janvier 2025