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Une croissance du PIB de plus en plus faible, si on y soustrait les éléments de "dopage du PIB"
Dans un précédent article, j'ai voulu estimer le montant que représentaient les intérêts de la dette et les diverses subventions et aides de l'Etat et des collectivités locales aux entreprises de 2022, pour ensuite les comparer avec le PIB de 1973. Et je trouvai que, toutes valeurs converties
en € de 2014 pour supprimer l'effet grossissant de l'inflation, ces subventions et intérêts équivalaient à 38% du PIB de 1973(1). Une analyse qui doit questionner la croissance, que nous assimilons volontiers au progrès.
Or de toute évidence nous faisons en cela une double erreur, car non seulement la croissance économique répugne à prendre le chemin vertueux de l'écologie (2), mais de surcroît, cette dépense publique de plus de 346 milliards d'€ par an entre elle-même en positif dans le PIB, ce qui rend évidemment son coût invisible aux citoyens !
Explication : lorsqu'un ménage donne 100 au restaurant du coeur, cela se retire de ses revenus. Rien de tel pour la croissance : losqu'on dépense 100 millions pour favoriser l'installation d'une entreprise en France, ces 100 sont eux-même de la croissance, au nom du principe comptable que toute action publique est estimée dans le PIB au titre de ce qu'elle coûte !...c'est la "valeur ajoutée" du gouvernement ! Voyez l'absurdité ! Partant de là, le gouvernement peut faire ce qu'il veut avec l'argent public, le distribuer aux entreprises, le gaspiller en action communication, sous traiter son action à des entreprises privées, ces coûts seront toujours inscrits en positif dans le PIB.

Une croissance extrêmement poussive, qui exige chaque année de réinjecter
l'équivalent de 38% du PIB de 1973 en argent public
Malheureusement, Je terminai cet article par une erreur, en voulant calculer le montant réel de la croissance, une fois débarrasée de ces éléments de "dopage du PIB". Le tableau ci-dessous vise à corriger cette erreur : la croissance annuelle moyenne réelle du PIB entre 2016 et 2022 n'était pas de 0,9% comme je l'affirmais, mais de 0,6%.

Voir en grand dans un nouvel onglet.
Vincent de Blois, le 25 juin 2025.
(1)les subventions étant le plus souvent versées pour attirer ou préserver l'emploi. Les intérêts de la dette étant le résultat de ces subventions versées année après année depuis 40 ans, ayant fait passer la dette de quelque moins de 5% du PIB en 1973 à plus de 110% du PIB en 2024. Le Covid seul ne peut pas expliquer cette croissance régulière de la dette.
(2)injontions permanentes à consommer, prolifération de plastiques à usage unique, croissance ininterrompue des émissions de carbonne...etc
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