Hausse du prix des carburants ! une TOUTE PETITE IDEE de ce que sera le "PEAK OIL"
(Vincent de Blois, le 05 juin 2026, modifié le 9)
La hausse du prix des carburants soulève une contestation grandissante. S'ils comprennent que la guerre de Trump en est la cause, les français qui circulent dont le carburant est taxé à hauteur de 56%, acceptent mal que leur plein d'essence renfloue les caisses de l'Etat. Le ministre de l'économie Roland Lescure, en évoquant un "CHOC pétrolier" est ensuite revenu sur ses propos, le mot "Choc" évoquant inévitablement le quadruplement du prix du baril en 1973. Choc ou pas, il est exact que le prix du baril semble maintenant osciller autour de 100$, soit deux fois ce qu'il nous coûtait en 1974 (1), et qu'une "cagnote fiscale" se forme en même temps que croissent les bénéfices de Total Energies, ce qui éclaire d'un jour nouveau les mérites réels de notre "champion" pétrolier. Ce bon de 30% du prix du baril en 2 mois, s'il n'est qu'un avant-goût du chaos économique qui nous attend avec le "peak oil", aura des répercussions sur la santé de nombreuses entreprises, selon de nombreux analystes. Plutôt que ces prévisions "à la petite semaine", la science économique ferait bien de nous expliquer pourquoi, malgré des catastrophes de plus en plus graves imputables à l'effet de serre, la demande française en hydrocarbures a progressé de 12% depuis 2015 (0).
Patrick Pouyanné, Président de Total Energies : "on m'en demande (du pétrole), alors je livre ! que voulez-vous que je fasse ?" (source : cette commission d'enquête)
Total Energies est une entreprise très concentrée. En 2023, les 101 279 employés de Total Energies réalisaient déjà un bénéfice de 20 milliards d'€, soit près de 200 000 € de bénéfice par employé ! A titre de comparaison, et en prenant un secteur où la demande est excellente pour que la comparaison vale quelque chose, 40 000 € de bénéfice annuel est considéré comme un bon résultat pour une entreprise employant 4 charpentiers, soit environ 10 000 € de bénéfice par employé.
200 000 € par employé chez Total Energies, c'est 20 fois plus : ses employés seraient-ils 20 fois plus travailleurs ou 20 fois plus compétents que leurs homologues charpentiers ? Evidemment non ! Ce rapport de 1 à 20 traduit d'avantage une différence dans le volume de la demande, plutôt qu'une différence de compétence ou de travail. En effet, la construction d'une maison ne nécessite qu'une seule charpente, tandis que 39 millions de véhicules font le plein au moins une fois par mois, dont un quart au moins une ou deux fois par semaine !.
Les hommes politiques et les économistes qui vantent les résultats de Total énergies, en évoquant "l'excellence de l'entreprise" ou "un champion national" devraient donc en rabattre un peu dans leurs louanges. Quel est le mérite réel de Total Energies, si ce n'est de chevaucher un tel "monstre" de demande (2) ? Malheureusement pour le consommateur, quand l'offre de pétrole se ralentit, ce qui est le cas en ce moment avec le bloquage du détroit d'Ormuz, alors la demande en pétrole ne peut plus être fournie aussi rapidement. On entre alors dans une période de "tension", durant laquelle la demande excède l'offre ce qui élève mécaniquement le prix du baril, et avec lui les bénéfices de la vente d'hydrocarbures, que se partagent le secteur pétrolier et l'Etat(3).
Ce "goulot d'étranglement" du détroit d'Ormuz, Total Energies en a déjà bien profité. Ses bénéfices au premier trimestre 2026 atteignent 5,8 milliards, + 51% par rapport à l'an dernier. Mais ces profits faciles ne sont pas la fin de l'histoire. Car Patrick Pouyanné SAIT que le moment approche où le prix du baril va augmenter non pas de 20 ou 30% comme en ce moment, mais de 200%, 500%, voire 1000% ! Cette évolution se produira quand l'offre de pétrole ne sera plus seulement ralentie, mais interrompue pour une partie de la demande. Alors le baril de pétrole changera de STATUT économique. Il entrera dans la catégorie économique des produits rares. Au début pas très rare, comme le quartz rose, puis de plus en plus rare comme l'améthyste, puis l'émeraude ! Et pour la même raison qu'un silex ne vaut rien comparé à une émeraude, parce qu'il y a abondance de silex, mais pas assez d'émeraudes pour tout le monde, le prix du baril va se démultiplier. C'est ce moment que Patrick Pouyanné à la tête de Total Energies attend , et qu'on appelle le "Peak Oil", ce moment où le volume d'hydrocarbures produit sera insuffisant, et où certains devront s'en passer. Et peu importe que ce soit par un excès de la demande ou par une insuffisance de l'offre, Total énergies et tous les actionnaires du secteur pétrolier toucheront alors le jackpot !
Notre classe politique, bien malheureusement, n'a pas pris la mesure du risque économique que va constituer ce moment de pénurie. A moins que ce ne soit le citoyen lui-même qui ait du mal à comprendre les raisons de son impuissance. Si la classe politique mesurait les dangers du "peak oil", elle n'encouragerait pas comme elle le fait le développement de l'aérien, et elle aurait pris des mesures pour stopper la publicité pour les SUVs, en nombre croissant sur les écrans. Rien de tout cela n'a eu lieu. Le PIB restant la seule boussole des gouvernements successifs de tous bords, personne n'a voulu entraver les profits d'un secteur qui y contribue à hauteur de 2% (4). Les 10 dernières années témoignent de notre insouciance : notre demande en hydrocarbures a augmenté en volume de 12% (0). Quant à la part des hydrocarbures dans notre mix énergétique, elle s'est accrue en 10 ans de 13% : +9% pour le pétrole, et +4% pour le gaz !
A cet accroissement de la demande, en France et ailleurs dans le monde, s'ajoute le fait reconnu par tous les acteurs du secteur, que la découverte de nouveaux champs pétroliers et gaziers se fait de plus en plus rare, et leur exploitation de plus en plus difficile. Si jamais le marché des hydrocarbures vient à passer de la tension à la pénurie dans les années qui viennent, alors l'inflation que l'on observe à petite échelle avec le blocage d'Ormuz suivrait l'accélération de la rareté des hydrocarbures, en se démultipliant de la même manière. Devons-nous accepter que le marché du pétrole nous conduise inexorablement à la catastrophe sociale, comme les bêtes à l'abattoir ?
Le minimum de précaution consisterait à tout faire pour diminuer le plus possible notre demande en hydrocarbures. L'électrification totale des transports va dans ce sens, bien que le gouvernement ait tardé à s'engager dans cette voie. Aujourd'hui la production d'électricité française n'y suffirait pas, bien que, selon l'ancienne dirigeante d'Areva Anne Lauvergeon, elle pourrait rapidement être augmentée sans même attendre la mise en service de nouveaux réacteurs. Nous pourrions aussi accélérer les recherches pour mieux distribuer la production des énergies renouvelables. Il serait également utile d'inciter vigoureusement les constructeurs automobiles à changer leur offre de SUVs contre des véhicules beaucoup plus efficients, à l'image de ce E-TRACER, qui ne consomme en énergie que l'équivalent de 0,9 litre au 100 km !
C'est AVANT que cette pénurie n'arrive qu'il faut effectuer cette transition, d'abord en prenant le temps de l'expliquer à toute la population, puis en réfléchissant aux moyens de prendre le taureau par les cornes, pour que ces multinationales empruntent enfin le chemin du progrès. Nous avons une arme pour les faire plier ! notre marché !
(0) 2015 : 253 mtep x (30% + 14% = 44)% = 111,32 mtep / 2025 : 220 mtep x (39% + 18% = 57)% = 125 mtep, soit une augmentation de 12,7%
(1) En 1974, le prix du baril était à 11,65 $, soit environ 58,25 francs de 1974, équivalant à environ 53 € de 2025. Un prix du baril à 100 $ équivaut donc environ à 2 fois le prix de 1974
(2) En volume, pétrole + gaz. Demande énorme et constante que rien ni personne ne tente de décourager,sauf peut être l'Etat, qui fait ajouter son petit message "pour les trajets courts, préférez la marche ou le vélo" à la fin des pubs pour les SUV ! interdire la pub pour les voiture de plus de 1 tonnes aurait eu plus d'effet !
(4) Prompt ChatGPT : "Fais moi la part des bénéfices des hydrocarbures dans le PIB stp, en incluant les taxes de l'Etat".
Réponse : "(...) Si l'on additionne :
bénéfices et valeur ajoutée du raffinage, stockage, distribution et commerce pétrolier en France ;
recettes fiscales directement liées aux carburants et hydrocarbures ;
on obtient probablement un ordre de grandeur compris entre 1,5 % et 3 % du PIB français selon la méthode retenue. Cette fourchette est une estimation économique, pas une statistique officielle"