contacter Vincent de Blois
1973-2030 : la trajectoire du collapse ? Indignez-vous !
vincent de blois le 27 07 2026

voir en grand dans un nouvel onglet.
Ici, contrairement à sur CNews, on essaie de réfléchir sérieusement aux problèmes, plutôt que de se jeter des anathèmes (bien choisis) à la figure. Cette infographie tente de décrire la situation de l'État français, et surtout celle vers laquelle nous nous dirigeons qui pourrait devenir tout à fait catastrophique. Cette présentation n'est pas sujette à interprétation : ce sont des mesures de l'INSEE pour les graphiques de gauche et du centre, et sur la partie droite en bleu des prévisions à prendre très au sérieux.
Pour pouvoir être comparées, toutes les valeurs sont converties dans une monnaie commune corrigée de l'inflation (les francs de 1973 en euros de 2025 par exemple). Le nombre de jobs est en emplois de 35h (autrement dit en EQTP, équivalent temps plein).
Pourquoi cette situation peut-elle devenir tragique, si nous ne mettons pas nos gouvernants sous tutelle ? Parce que l'action publique sera de plus en plus limitée par les intérêts de la dette (payables chaque année), ce qui ne va pas arranger la situation de l'hôpital, mais aussi de toutes sortes d'associations comme les les Restaurants du Cœur, ou ATD Quart Monde, qui tentent depuis des années d'atténuer les dégâts du chômage et de l'exclusion sociale.Or ces dégâts vont s'aggraver énormément avec le choc de l'Intelligence Artificielle, qui va faire disparaître 5 millions d'emplois d'ici à 2030, et accentuer encore les problèmes de délinquance économique, ainsi que les attaques physiques qui sont autant de signes avant-coureurs d'une rupture du contrat social.
Le nœud du problème, ce sont les aides publiques que l'Etat et les collectivités locales ont accordées pendant 40 ans aux entreprises, pour tenter de protéger l'activité et d'enrayer le chômage de masse. Ces aides ont créé une dette, et une charge de la dette (= des intérêts) à payer chaque année. Ce montant devient alarmant, car il commence à priver les pouvoirs publics des moyens de financer le PIB public, autrement dit les écoles, les armées, les hôpitaux, et administrations diverses.(0)
Ces intérêts étaient inexistants en 1973, car à cette époque, on ne jugeait pas utile d'aider les entreprises à créer des emplois ou à ne pas en détruire. En 2025, ils s'élèvent à 65 milliards, et les économistes prévoient déjà que ces 65 milliards augmenteront de 10 milliards par an à partir de 2025. Dans les cinq années qui viennent, la situation sera donc doublement périlleuse, si nous ne changeons pas de trajectoire ! En 2030, l'État devrait payer jusqu'à 115 milliards d'intérêts par an (1), alors même qu'il devra faire face à la disparition de 5 millions d'emplois - un cinquième des emplois (3) ! - à cause de l'intelligence artificielle ! Les services publics pourront-ils encore être assurés ? Si la croissance se maintient à ce niveau cela semble déjà difficile ; alors, que faut-il en penser si cette disparition d'emplois dissuade les gens de consommer, ce qui initiera inévitablement une décroissance du PIB marchand !? (2) Si les destructions d'emplois par l'IA sont certaines, la croissance du PIB marchand liée à l'IA, elle, ne l'est pas !
Le paradoxe, c'est que la richesse créée par les entreprises (aires en gris clair) est nettement supérieure en 2025 à ce qu'elle était en 1973, mais que les États et les collectivités locales ne peuvent ou ne veulent plus la prélever pour des raisons qu'il devient urgent d'éclaircir ! Le nouveau président devra le faire dès son élection en 2027, ou bien vous saurez qu'il n'est pas de votre côté ! L'impuissance publique doit cesser !
Ne rien faire, élire encore une fois des gens qui gesticulent sur toutes sortes de sujets, mais qui en définitive, se révèlent incapables de quitter cette trajectoire de ponction du PIB public, c'est se résigner à la fin des services publics, et à la fin de la Sécurité sociale. Sauf à croire que le pays pourra encore tenir debout, avec seulement 21 ou 22 millions d'emplois mal payés en 2030, ce qui est pour le moins illusoire !
Indignez-vous !
(0) le PIB public est calculé au montant de ce qu'il coûte, contrairement au PIB marchand, qui lui se calcule en agrégeant les bénéfices marchands.
(1) et même 124 milliards, selon 5 économistes indépendants, plus de deux fois le budget de l'Education Nationale de 2025 !
(2) le PIB français est plutôt basé sur la consommation (on revend, plus qu'on ne fabrique). Les revenus disparaissant aussi à l'étranger dans les mêmes proportions pourraient aussi grèver les 10% de PIB du tourisme.
(3) 27 millions d'emplois en 2025. 5 millions c'est environ 1 emploi sur 5 à temps plein qui va disparaître. En nombre ce sera beaucoup plus, car beaucoup parmi ces 27 sont des emplois à temps partiels.
Vues (IP unique) :