C'est parti pour la préselection des candidats par un tout petit nombre de personnes qui contrôlent les moyens d'influence de masse ! Le suffrage censitaire consistait autrefois à réserver le droit de vote aux gens qui paient l'impôt, excluant de fait les plus pauvres. Il est aujourd'hui rétabli officieusement d'une manière un peu différente : seules quelques entreprises puissantes disposent des moyens publicitaires et financiers de modeler l'opinion. Le jour du scrutin, cette propagande a produit son effet et les électeurs votent inévitablement pour les candidats que ces entreprises ou ces coalitions d'entreprises ont soutenus grâce à leurs moyens de propagande.
Pourquoi font-elles cela ? Pour s'assurer que rien, ou pas grand chose ne change dans leurs affaires. Le citoyen électeur qui se pense imperméable à ce genre d'influence, a-t-il raison de croire qu'il est toujours en démocratie ?
Le ticket Glucksmann/Salamé a de toute évidence le soutien de LVMH (Paris Match=LVMH). On peut s'en étonner, car Glucksmann affiche des idées de gauche. L'explication est eut-être que face à une opinion aussi dominée par ses 2 extrêmes, LFI et le RN, LVMH tente d'appuyer le plus modéré des candidats de gauche, à moins que ce ne soit le plus manipulable. Le titre de la photo ne peut qu'étonner :"Pause romantique au creux des vagues… Mais Léa l’hyperactive aura tout de même besoin de ses vingt minutes de natation quotidienne" Léa Salamé sportive ? pourquoi essaie-t-on aussi manifestement de nous la vendre ?
En deuxième choix Paris Match vous a préselectionné Jordan Bardella/Maria Carolina de Bourbon des 2 Siciles ! Les princesses tout comme l'amour, vrai ou inventé, ça fait vendre !
Et en troisième et quatrième choix les deux "Macron bis", Edouard Philippe et Gabriel Attal, deux autres partisans de l'immobilisme dont la communication semble s'organiser toute seule (campagne d'affichage, meetings, éléments de langages ...). Aucune analyse de fond, qui permettrait d'envisager un changement. Uniquement de la publicité, et des discours visant à "coller" aux thèmes racoleurs du moment (immigration, sécurité, drogue).
Quant aux autres candidats, D de Villepin, JL Mélenchon, O. Faure, JL Mélenchon, A. Montebourg, M Tondelier, B Retailleau, S Roussel, le ticket d'entrée leur sera donné plus rarement sur ces grands médias, et plus volontiers quand il s'agira de ternir leur image. On va donc bientôt les voir gesticuler, dépourvus des moyens de propagande qui donnent de la présence publicitaire aux autres ! Certains tenteront - JL Mélenchon en est un grand spécialiste - de tenir des propos un peu "limite" pour forcer leur attention, au risque de se discréditer un peu plus. Au printemps 2027, l'opinion sera déjà bien ébauchée par cette propagande, et elle aura rangé ces "indigents médiatiques" parmi les "outsiders".
Bref, ce sont quelques-uns de ces grands groupes qui une nouvelle fois tirent les ficelles de l'élection : en 2027 comme en 2017, le nouveau président, bien qu'élu au suffrage universel, devra son élection à une partie des entreprises du CAC40 !
Or le président de la république peut-il devoir son élection à quelqu'un d'autre qu'à ses seuls électeurs ? Ne faut-il pas voir dans ces pratiques de marketting politique une forme de corruption ? S'il se maintient dans l'ignorance de cette réalité, le citoyen ne doit pas s'étonner ensuite de rester seul face aux problèmes de sa propre vie, pour tout ce qui est économique.
Rien de nouveau sous le soleil (devenu caniculaire). En 2017 déjà, François Bayrou avait assisté impuissant au lancement publicitaire du "couple Macron", comme en témoignent ces 4 couvertures de Paris Match entre 2016 et début 2017 !
Le leader centriste, agacé de voir Emmanuel Macron piétiner ses plates-bandes, l'avait alors comparé à un "hologramme" ! Il aurait tout aussi bien pu évoquer une "marionnette", s'il n'avait pas craint d'être accusé de populisme. "Hologramme" était certainement plus conforme au discours attendu de la bouche d'un candidat à la magistrature suprême.
A l'époque de cette interview tournée en septembre 2016, F. Bayrou croyait encore naïvement que son poids politique pourrait contrer une entreprise de marketting politique de cette ampleur, visant à capter son propre électorat ! Ce fut une grave erreur de jugement, il s'est fait laminer par le rouleau compresseur médiatique du couple Macron ! Navré de s'être vu ainsi "doubler au centre", il renoncera même début 2017 à concourir pour l'Elysée. Emmanuel Macron devenu président, F. Bayrou fut alors nommé Garde des Sceaux dans le nouveau gouvernement, et on ne l'a plus jamais entendu parler d'hologramme. C'est dommage, car c'était sans-doute la chose la plus utile qu'il aurait pu faire de toute sa carrière !
Septembre 2016 : François Bayrou, mécontent de se voir doublé au centre par Emmanuel Macron, dévoile le "pot aux roses" : "Et derrière cet hologramme, qui y a-t-il ? de très grands intérêts, financiers et autres, qui ne se contentent plus d'avoir le pouvoir économique, il veulent avoir le pouvoir politique !"
En matière de publicité, propulser un couple à la présidence est plus compliqué que d'inventer un "titre" (slogan) accrocheur pour un nouveau yahourt. L'opinion doit être travaillée sur le long terme, aussi bien pour les candidats que l'on souhaite promouvoir, que pour ceux que l'on souhaite évincer ! La presse, la télévision, les réseaux sociaux doivent être mobilisés longtemps avant le scrutin. Dès juillet 2025, la moitié féminine du ticket Glucksmann/Salamé avait déjà fait l'objet d'une couverture de Paris-Match.
A l'approche de la présidentielle, le 'parachutage' de Léa Salamé au 20H de France2 n'était peut-être pas tout à fait un hasard. Sa prédecesseure Anne Sophie Lapix s'était par ailleurs révélée une redoutable intevieweuse, n'hésitant pas à contester les mensonges ou les contradictions de ses invités politiques. Son interview de Xavier Bertrand - qui ne s'en est pas relevé depuis - a sans doute planté un drapeau rouge sur le risque qu'elle aurait fait peser sur les candidats de cet "establishment des affaires", bien moins enclins à prendre des risques qu'on ne le dit.(0)
En août 2025, Delphine Ernotte (présidente de France Télévision, ex directrice du groupe Orange) a soudainement déclaré qu'elle lui substituait Léa Salamé, évoquant une "volonté de changement" (la sienne ?). Léa Salamé a donc présenté son premier 20h début septembre 2025. Sa personnalité mais aussi sa superficialité étaient connues, pour avoir animé le talk show "Quelle époque !". Pour cet "establishment", elle est l'élément modérateur de Gluksmann, et la garantie que la stabilité des affaires ne sera pas perturbée, même à l'approche de l'effondrement de l'Etat.
Léa Salamé, c'est d'abord une bonne humeur à toute épreuve ! En matière d'écologie par exemple, elle sait voir "le verre à moitié plein" plutôt que "le verre à moitié vide", et c'est ce que l'on recherche sur ces médias d'influence de masse devenus structurellement publicitaires. L'information doit y rester "gaie, optimiste, et marrante", car c'est l'ambiance nécessaire pour une bonne efficacité de la publicité, particulièrement abondante à l'heure du journal et de la météo(3). Elle est assez jolie femme par ailleurs, ce qui n'a rien de négligeable au pays de la mode.(2).
La compagne de Raphaël Glucksmann se devait donc d'être "présentée" aux français.es, pour qu'ils s'accoutument à l'idée d'en faire la première dame, en cas de victoire de la gauche. C'est maintenant chose faite grâce au 20h de France2. Et une aubaine pour le candidat Glucksmann.
La une de Paris Match nous apprend par ailleurs que Léa Salamé pense au mariage(1). "Le mariage ne m'a jamais fait rêver, mais comme le 20h, il finira par arriver" lui fait-on dire sur la couverture du magazine. Cet étalage sentimental s'explique : dans le scénario écrit pour eux (par LVMH ?), le mariage de Léa avec Raphaël doit être un jalon important, la séquence "émotion" qui accrochera fermement le dernier booster au candidat Glucksmann, celui qui l'amènera en orbite haute, tandis que les autres, tel Benoît Hamon en 2016, plafonneront sous les nuages ! Ce sera le "climax", l'équivalent en audimat de la scène de la piscine", qui a propulsé les revenus publicitaires du programme "Loft Story"; sauf que là, les revenus seront électoraux.
Si la mayonnaise de ce ticket Glucksmann/Salamé commence à prendre, si les sondages sont bons pour le candidat, alors ce sera le moment pour LVMH de choisir l'église, de préparer la scène, les costumes, les robes, la liste d'invités..., et aussi le programme électoral édulcoré de R. Glucksmann qui devra être appliqué, en échange de cette mascarade !
Quelle alternative les véritables démocrates peuvent-ils opposer à ces manipulations de l'opinion ? : CECI.
0) Ainsi vont le médias publicitaire, qui donnent le LA de la politique économique du pays : si vous ne jouez pas la musique qu'on attend de vous, vous êtes muté ou renvoyé.
(1) Ils sont actuellement compagnons et ils ont eu un enfant ensemble.
(2) Elle devra tenter d'égaler les standards élevés de Brigitte Macron en la matière
(3) les français qui se disent écrasés d'impôts, se sont-ils demandé qui paie les 20 milliards annuels de la publicité ? (= un cinquième de ce que rapporte l'impôt sur le revenu à l'Etat !). C'est aussi ce qui explique les salaires mirobolants des journalistes du 20h : leur responsabilité dépasse celle de la simple information.