






























I / La première bourde est d'ordre mathématique
Elle est signalée par Paul Jorion, p269 de son livre "Misère de la pensée économique" édité chez "Champs Actuel" (2012).

Il y signale l'absurdité de calculer le montant de la dette en % du PIB.
La relation du ratio de dettes publiques est :
Or :
où r est le taux d’intérêt et c le taux de croissance du PIB.
En supposant la règle d’or (donc solde budgétaire = 0), on a donc :
D’où la variation du ratio de dettes :
Ce qui oblige, si on veut éviter de s'endetter à ce que le taux de croissance c égale chaque année le taux d'intérêt moyen r ! or il suffit d'une seule année où le taux de croissance c passe au dessous du taux d'intérêt r pour pour que s'enclenche le cercle vicieux : le risque de prêter augmentant le taux d'intérêt augmente et pénalise la croissance qui s'affaiblit encore plus. Le risque augmentant encore, l'année suivante c'est encore pire, etc, c'est une spirale d'endettement. Passé un certain seuil ( - et nous y sommes avec un taux d'intérêt moyen à 5% - ) il n'est plus possible d'espérer se désendetter !
II / La deuxième bourde est d'ordre logique.
Elle concerne le contenu du PIB lui-même. Le PIB est constitué de l'addition du PIB marchand et du PIB non-marchand. Or le PIB non-marchand est estimé au montant de ce qu'il coûte à la collectivité. Par exemple, pour l'hôpital public, on prend tous les salaires, toutes les consommations de seringues, de matériel médical, de chauffage, ..., on fait l'addition de toutes ces factures et la somme constitue le PIB de l'hôpital.
Or s'il semblerait logique de calculer le pourcentage de dette en soustrayant simplement les dépenses des recettes, et en examinant ce que cette différence représente en pourcentage des recettes, comme le ferait toute banque analysant le compte d'un ménage. N'est-il pas absurde d'établir ce pourcentage de dette en faisant la part de la dette sur la totalité du PIB, alors que le PIB lui-même comporte une part de dépenses ?!
poursuivons le parallèle avec l'économie d'un ménage...pour imager cette absurdité !
Pourrais-je dire à ma banque, quand elle me reproche d'avoir dépensé plus que mon revenu : "Ah oui, mais attendez, j'ai lu un livre qui m'apporte beaucoup, et j'ai aussi fait du sport ce qui est bon pour ma santé ! certes ça ne change rien au déficit de mon compte, mais ce sont tout de même des activités positives pour moi, et donc il faut en estimer la valeur ! Mon compte n'est donc pas débiteur autant que vous le prétendez !

Voir aussi Réforme systémique : faire passer le PIB en mode RECETTES/DEPENSES
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